A première vue, James Noir est un jeu d’énigmes sur fond d’enquête policière qui mélange habilement différents genres. Je ne vais pas revenir sur l’histoire ou les tenants du jeu dont vous pourrez facilement trouver un aperçu ici mais je dois dire que le tout était plutôt tentant. J’ai donc terminé le jeu en 6/7h et mon avis global reste positif même s’il se révèle mitigé sur certains points. Pour en savoir davantage, lisez la suite !

La première bonne surprise du jeu, c’est qu’il exploite assez bien la caméra de la console, mise de côté dans la majorité des jeux sortis. En effet, elle intègre votre visage au décor du jeu via d’astucieux procédés comme des incrustations dans les miroirs (chez vous, dans votre loge…), via des photos réelles dans des journaux, sur les dossiers secrets de la police (ça rigole pas !) ou encore sur votre contrat de participation à l’émission télévisée. Un bon point qui concourt à une bonne immersion dans le jeu et qui le rend du même coup plus convivial.

La 3D, quant à elle, est un peu mise de côté car même si elle est présente, notamment dans les décors pour leur donner de la profondeur, les personnages se cantonnent quant à eux à une version animée en 2D mise en scène sur des décors plutôt simplistes. Cependant, on notera l’effort fait pour apporter un peu de réalisme au travers de personnages joués par de vraies acteurs même si ceux-ci ont tendance à se répéter, dans les paroles et dans les gestes. Les dialogues « parlés » permettent une meilleure accroche même si la synchronisation labiale laisse à désirer…

Graphiquement, le jeu est assez pauvre car limité à des décors fixes et communs. Seules certaines scénettes valent le coup d’oeil, notamment sur les lieux des crimes assez travaillés du fait que des énigmes y sont cachées.

Les animations sont fluides, les images d’assez bonne qualité, les décors kitch et « d’époque »  mais on notera qu’ils tournent davantage autour du plateau de télévision que de l’enquête policière, comme on aurait pu le croire. Malheureusement, celle-ci passe au second plan dans la majeure partie du jeu, faisant la part belle aux énigmes et au show TV. Seules les cinématiques, dont celle que l’on trouve au début du jeu, arrivent parfaitement à planter le décor.

Les énigmes sont quant à elle plutôt intéressantes et variées, renouvelant quelque peu le genre en proposant des thèmes ou des axes de réflexion peu ou jamais vus auparavant, même si l’on retrouve bien entendu des classiques du genre (casse-têtes, logique…). Chaque étape du show se divise sur l’écran tactile en 4 colonnes de 4 lignes chacune, proposant donc 16 mini-jeux à la difficulté croissante, sachant que vous pouvez décider du niveau de difficulté et de l’ordre de résolution. Il n’est pas trop difficle d’atteindre le score visé et en prenant chaque fois le niveau le plus élevé des énigmes, elles se sont révélées ni trop simples, ni trop complexes. On progresse ainsi relativement vite mais de façon régulière.

On peut certes retrouver des énigmes au cours du Show TV et des phases d’enquête mais aussi en recevoir d’autres par le biais du courrier de fans accessible depuis votre chambre d’hôtel. On peut d’ailleurs les résoudre quand bon nous semble en accédant au menu du jeu.

L’ambiance générale est plutôt sympathique et prenante, on s’immerge vite dans le jeu mais personnellement,  j’aurais apprécié qu’il y ait davantage de phases de jeu à proprement parlé et en rapport direct avec les crimes et le fil conducteur du jeu. En effet, le jeu en lui-même n’a rien d’une enquête à la LA Noire ou à la sauce Experts puisque le jeu ne se concentre pas sur une enquête avec des indices à trouver ni sur des interrogatoires à mener comme on aurait pu le penser ou le lire, mais elle n’en reste pas moins plaisante dans sa globalité. Le scénario ne casse pas trois pattes à un canard mais il a le mérite d’apporter une transition appréciable entre les manches du show télévisé.

La prise en main du jeu, quant à elle, est plutôt rapide et le gameplay basique, exploitant bien les deux écrans de la 3DS et les différents boutons, ainsi que l’écran tactile où certaines énigmes se jouent seulement au stylet. Certaines manipulations se révèlent cependant un peu complexes ou dures à assimiler mais l’on s’y fait. L’univers peut paraître sombre mais les énigmes et le gameplay n’en restent pas moins accessibles à tous.

Malgré un scénario un peu limité et capilotracté, des décors trop pauvres pour être mis en avant et une durée de vie assez courte, le jeu se révèle quand même assez prometteur et revêt un certain charme qui ne manque pas d’attirer l’attention. Ce n’est pas le jeu de l’année, certes, mais il se révèle assez divertissant etn’inspire à aucun moment un sentiment de lassitude. Dans l’ensemble, James Noir fut une bonne surprise malgré quelques défauts faciles à corriger.