Sorti l’année dernière, j’étais complètement passée à côté du jeu indépendant Kholat. Pourtant inspiré de faits réels, planant autour de ce qu’on a appelé L’affaire du col Dyatlov, je ne pouvais pas le manquer puisque j’adore ce genre de faits divers et les jeux qui s’en inspirent.

kholat gare

J’ai eu la chance de recevoir un code PS4 de la part du développeur afin de tester le jeu. L’ayant terminé, je tenais à vous donner mon avis sur celui-ci.

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Le jeu s’inspire librement de la mystérieuse disparition, en février 1959, de neuf randonneurs dans la chaîne montagneuse de l’Oural, retrouvés morts dans des circonstances encore inexpliquées. Jeu d’aventure solo simpliste, doté d’un gameplay basique, on ne peut pas dire que sur le papier, Kholat vend du rêve. Et pourtant… Le joueur y incarne un homme qui enquête sur le drame et se rend sur le dernier campement du groupe au cœur du mont Kholat Syakhl (Montagne morte), seulement équipé de sa b*** et son couteau d’une boussole, d’une carte plutôt sommaire et d’une lampe torche.

Kholat-map

Le jeu consiste en la découverte de plusieurs lieux clé, de feux de camp, de coordonnées géographiques et de pages de journal de bord qui vous livrent des informations sur les faits qui entourent le drame. Bien qu’on puisse trouver le jeu quelque peu linéaire et répétitif, de par une progression façon trek en haute montagne, certains événements viennent rapidement pimenter l’aventure et mettre à mal le self-control du joueur.

En effet, l’univers oppressant et pesant du jeu nous embarque bien vite au cœur d’une aventure étrange et totalement immersive. Qu’il s’agisse des décors ou de l’ambiance sonore (sons et musiques), le tout est soigné et c’est le point fort du jeu qui offre son lot d’angoisse et de palpitations. S’il n’est pas réellement effrayant, il n’est pas rare de se retourner ou de se mettre à courir à cause d’une apparition curieuse, de sons étranges derrière soi ou de bruits de pas dont vous préférez ne pas connaître l’origine.

Nous perdre au détour des chemins, c’est là l’unique ambition des développeurs, d’autant qu’il n’est pas toujours aisé de savoir où l’on se trouve sur la map (rien ne vous l’indique), à moins d’être sur des lieux précis ou d’être très à l’aise avec une boussole. Les pistes enneigées, les grottes, les ponts, les culs de sac, les pistes à sens unique, les crevasses, les chemins qui se croisent et se multiplient n’aident pas forcément à se repérer et vous vous égarerez plus d’une fois dans des endroits parfois lugubres.

Je l’avoue, ayant un sens de l’orientation proche du néant, j’ai vraiment galéré au début, le temps de m’approprier les lieux. Pire, je n’avais pas compris que les feux de camps servaient de fast travel avant d’avoir terminé le jeu…

Ne me jetez pas la pierre (Pierre) car qu’il s’agisse des astuces données pendant les chargements ou des infos à l’écran, nulle part je n’ai pu lire qu’ils existaient. J’ai donc plus d’une fois traversé à pieds la carte, de bout en bout, rallongeant sans aucun doute la durée de vie du jeu et augmentant du même coup sa difficulté. Je mériterais clairement un trophée (platine) pour ça ! Mon expérience de jeu n’en a pas été affectée pour autant puisque je ne me suis pas ennuyée une seconde.

Bien qu’il soit difficile de varier les décors, les lieux importants ont chacun leur ambiance propre et contrastent avec les vastes étendues blanches et les forêts de sapins.

Si le gameplay est sommaire puisqu’il se résume à marcher, s’accroupir (on ne peut pas sauter), afficher le journal, la carte, allumer/éteindre sa lampe torche, fuir à toutes jambes n’est pas pour autant la solution à toutes les situations. Notre personnage s’essouffle rapidement, ralentit sa course, sa vue se trouble et il devient crucial de le ménager et le laisser souffler, sous peine de ne pouvoir fuir à temps, quand cela est VRAIMENT nécessaire. Au pire, vous pouvez toujours tenter de vous cacher…

Du côté des points négatifs, le jeu souffre malheureusement de quelques lags et j’ai rencontré plusieurs plantages avec retour immédiat au menu. J’ai adoré le jeu de bout en bout mais j’ai été quelque peu déçue par la fin. Elle laisse planer le doute sur diverses théories, sans jamais apporter de réelle explication.

Et pour cause, l’affaire du col Dyatlov n’a jamais été résolue, avec pour conclusion que les randonneurs avaient été victimes « d’une force irrésistible inconnue ».

Je vous recommande toutefois le jeu si, comme moi, vous aimez les faits divers de ce genre et… vous faire peur. Si si.

Il est disponible sur PC, Mac et PS4. Bonne randonnée !