(Série) Mon avis sur « The Fall »

Toujours à la recherche de nouvelles séries à visionner, je suis tombée par hasard sur The Fall dont le synopsis m’a emballée. Elle met donc en scène une enquêtrice/profileuse britannique (Gillian Anderson) appelée en renfort à Bellfast pour aider la police à résoudre un meurtre orchestré par un tueur (Jamie Dornan) jusque là insaisissable et qui semble sur le point de récidiver. Rien de très original, je vous l’accorde, mais vous connaissez mon intérêt pour ce genre d’histoires un peu sombres.

Je me suis risquée à regarder le pilote pour me faire une opinion et convaincue, je me suis finalement empressée de regarder la saison complète, composée de seulement 5 épisodes d’1h chacun. Je dois dire que j’ai beaucoup aimé.

Tout d’abord, j’ai trouvé son format idéal pour à la fois planter le décor, présenter les personnages principaux et lancer l’intrigue, évitant ainsi de nous perdre dans une foule d’éléments superflus et d’émousser le suspens et la tension présents dans chaque épisode. On en vient rapidement et efficacement à l’essentiel, bien qu’une intrigue secondaire vienne toutefois se greffer à l’histoire principale. Cette dernière n’a d’ailleurs, à mon sens, pas grand intérêt car ce n’est clairement pas elle qui porte la série… Mais peut-être aura-t-elle son importance dans les saisons suivantes ?

Ce qui fait que la série sort du lot, c’est le parallèle effectué entre la traque de Stella Gibson (la flic) et la double-vie menée par Paul Spector (le tueur), pendant ses periodes de « sommeil » mais également lors de ses « passages à l’acte ».

Si nombre de scénaristes font des serial killers des êtres isolés, déséquilibrés et solitaires – alors qu’on sait pertinemment qu’IRL, beaucoup d’entre eux mènent une vie somme toute banale et ne sont pour leur proches et collègues que des personnes ordinaires – ceux de « The Fall » ne tombent pas dans ce piège et nous offrent un tableau qui colle davantage à la réalité. On nous livre son identité sur un plateau, des les premières minutes de l’épisode pilote, et comme pour Dexter, on se réjouit de pénétrer jusqu’à son foyer.

The fall

Côté tueur, on s’attarde beaucoup sur sa psychologie et la façon dont il compose avec sa part d’ombre au quotidien, au sein de sa famille, de ses relations, mais également dans son milieu professionnel. Jamie Dornan, avec sa « gueule d’ange », s’en sort remarquablement bien dans ce rôle complexe et il offre différentes facettes à son personnage, au travers d’un jeu plutôt juste et jamais caricatural. Il a parfaitement intégré ses deux visages et il est crédible, tant en père de famille attentionné qu’en tueur froid et implacable. Point fort de la série, on n’essaie pas de nous « vendre » le tueur comme un être traumatisé dont on tenterait d’expliquer ou justifier les actes. En revanche, un grand soin est apporté à l’illustration de ses pulsions, de son mode opératoire et de ses rituels.

Côté enquêtrice, on échappe au stéréotype et là encore, une part d’ombre vient donner du relief à Stella : D’une part, on la découvre en profileuse douée, reconnue et respectée, mais de l’autre, elle nous est dépeinte comme une femme hautaine, une amante froide souffrant visiblement de solitude et d’une certaine addiction aux hommes et au sexe, qu’elle tente tant bien que mal de dissimuler. Si de prime abord elle paraît détachée de ses possessions, des personnes qu’elle côtoie et même de ses émotions, on se rend compte au fil des épisodes qu’elle est en réalité plus complexe qu’on nous le laisse entendre. Il n’est sans doute pas exclu qu’elle se dévoile davantage dans la saison 2 que je n’ai pas encore visionnée.

The fall

Ces deux personnages sont déjà, à eux seuls, un gage de qualité pour la série car nous sommes davantage happés par leur aura que par les rebondissements eux-mêmes.

« The Fall » fonctionne sur un modèle de dyptique, s’articulant autour d’un face à face permanent entre deux personnages, deux univers, deux identités ou deux psychologies, tout en redéfinissant et floutant cependant les limites entre bien et mal. Elle présente les faits tels quels, sans parti-pris pour l’un ou l’autre. Nous sommes là en qualité d’observateur, regardant les personnages évoluer sans pour autant ressentir le besoin de porter un jugement sur eux, de les apprécier ou les déprécier.

Bien que la saison soit courte, rien n’a pour autant été bâclé ou laissé au hasard. De nombreuses subilités dans les dialogues, les plans caméra et les personnages enrichissent le scénario et nous tiennent en haleine, monopolisant toute notre attention et provoquant ainsi en nous un sentiment de fascination étrange. On évite les clichés maladroits et on s’attarde sur ce qui est indispensable au bon déroulement du scénario. L’atmosphère est parfois pesante, feutrée, façon huit clos, et on se trouve tour à tour témoin et voyeur.

J’ai beaucoup aimé cette façon de présenter les choses et de nous offrir un point de vue différent de celui dont on a l’habitude. Les scénaristes s’éternisent volontiers sur certains tableaux, non pas pour nous choquer, mais pour nous permettre une immersion totale dans l’esprit complexe des protagonistes et pour nous servir leur moi profond sur un plateau.

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Si la saison se termine sur une issue plutôt attendue, elle laisse présager une suite des plus intéressantes. J’espère que les deux personnages principaux, qui se ressemblent par certains aspects, seront amenés à se rapprocher et que le mystère qui entoure Stella sera peu à peu levé.

Voilà pour ce qui est de cette série, dont j’ai hâte de voir la suite.

Et vous, vous regardez The Fall ? Si oui, mon avis est-il partagé ?

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Edit du 28 mars : J’ai terminé de regarder la saison 2 et elle confirme mon avis sur la série. Je l’ai trouvée encore plus haletante que la 1ère et chaque épisode apporte son lot de suspens et de rebondissements. Comme je l’avais deviné, on en apprend davantage sur Stella et l’enfance de Paul. L’intrigue secondaire est laissée de côté au profit d’une autre intrigue survolée en saison 1, qui aura son importance pour le grand final. Ce dernier, un peu inattendu, vient clore le tout et j’ai encore plus hâte de voir la 3ème saison. Série géniale, à voir.

11 commentaires

    1. Merci, c’est toujours un défi d’arriver à retranscrire ce que j’ai ressenti en les visionnant et de donner envie à d’autres de s’y intéresser.
      Bon, avoue que Jamie n’y est pas pour rien dans ta décision ! ;p
      J’espère que tu apprécieras. Bises

  1. Je ne connaissais pas, et tu en parles très très bien. D’ailleurs, du coup, vu le thème, ça ne m’étonne pas que ça te plaise ! Je pense que je vais me laisser tenter, j’ai vraiment envie de la regarder, du coup. Moi en ce moment je suis notamment sur Scandal, qui me plaît vraiment bien et est de plus en plus addictive.
    Amy Articles récents..Minimalisme : Une mode ou un besoin ?My Profile

    1. Ravie d’avoir attiré ton attention sur cette série. Du coup, j’espère qu’elle sera à la hauteur de tes attentes et de mon article.
      « Scandal » m’attirait pas mal aussi parce qu’elle a l’air bien réalisée et que beaucoup en parlent mais j’ai toujours du mal avec les séries qui se déroulent dans la « sphère » politique/gouvernementale. Il n’est pas exclu que je m’y mette un jour cependant.

      1. Pour scandal tu peux la regarder j’avais des réserves aussi sur cette serie au debut et finalement je suis vite devenue accro

  2. J’ai presque plus hâte de voir la saison 2 que la première ! J’ai envie de voir la suite, mais les premiers épisodes ne m’ont pas vraiment transportée (pas de waouh !). Ceci dit, je vais regarder la suite car j’aime les personnages qui sont bien « travaillés ».

    1. En effet, il faut laisser à la série le temps de s’installer, mais moi aussi j’ai apprécié les personnages moins clichés que d’habitude et surtout relativement « profonds ».

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