Toutes les saisons des séries que je regarde étant terminées ou presque, j’en cherchais de nouvelles à me mettre sous la dent et je me suis orientée vers un thème qui me passionne depuis toujours : les tueurs en série. Coup de chance, il y en a justement trois en ce moment qui traitent du sujet, et pas des moindres : The Following, Bates Motel et Hannibal.

Je me suis donc procurée les trois et j’ai commencé par la première citée en regardant la saison 1 en seulement quelques jours et je tenais à vous donner mon avis. Il me reste un seul épisode à voir mais je ne pense pas qu’il changera quoi que ce soit à ce billet.

Synopsis : Joe Carroll (James Purefoy), un serial killer diabolique, utilise la technologie pour créer une secte de tueurs en séries, tous reliés les uns aux autres alors qu’ils sont dispersés aux quatre coins des Etats-Unis. L’ancien agent du FBI Ryan Hardy (Kevin Bacon), qui l’a traqué puis arrêté se voit contraint de reprendre du service…

The Following

De prime abord, rien de très original avec une histoire de départ très manichéenne : d’un côté un flic torturé et de l’autre, un tueur manipulateur. Entre ces deux personnages : une femme, un enfant, des meurtres, une fascination réciproque et une traque sans merci.

Un casting béton

Il n’y a pas à dire, qu’il s’agisse de Kevin Bacon ou de James Purefoy, les acteurs sont magistraux chacun dans leur rôle et incarnent à la perfection leur personnage. Ils les rendent encore davantage charismatiques.

Flic torturé et homme de valeur, Kevin Bacon/Ryan Hardy est hanté à la fois par le tueur qui l’obsède et par des événements de son passé qu’on découvre peu à peu, au fil des épisodes. C’est un personnage complexe qui s’investit à fond dans son job mais peu dans sa vie personnelle, et pas toujours pour les raisons que l’on croit au départ. Il est à la fois fasciné et hanté par Joe et les actes commis par ce dernier. C’est un personnage droit, cultivé, impulsif, têtu qui cache des sentiments et une sensibilité qui se révèlent pourtant à mesure que l’on avance dans la série. Il est tiraillé par des sentiments contradictoires et sait faire preuve aussi bien d’humour que de cynisme. Il est déterminé, au point d’outrepasser lois et hiérarchie et de risquer sa vie à  laquelle il semble parfois ne plus tenir. Il a également en lui un côté obscur (que l’on découvre sur le tard) qui obsède Joe.

Professeur à l’Université et tueur en série, James Purefoy/Joe Carroll est un homme intelligent, cultivé mais incapable d’empathie et de pitié. Il n’hésite pas à se servir des personnes qui l’entourent, à les duper pour arriver à ses fins et il fait preuve d’une cruauté et d’une violence sans borne. Il aime séduire et captiver les foules pour mieux les tromper. Avide de sang, de reconnaissance et de pouvoir, il se joue à la fois de la police et des médias, mais également de ses « proches ». Il voue également une sorte de culte à Ryan Hardy, destiné à être le héro de son prochain roman. Intelligent, il aime sonder le moi profond de ses complices et victimes pour mieux retourner leurs faiblesses contre elles. Il a un sens aigu de la mise en scène et s’inspire des romans d’ Edgar Allan Poe pour mener à bien sa « mission ».

The Following

Hormis ces deux personnages forts, on retrouve également de très bons personnages/acteurs secondaires tout aussi bons et convaincants dans la « secte » de Joe Carroll, comme Emma (Valorie Curry) et Roderick (Tim Nelson) qui jouent à merveille leur rôle de parfaits déséquilibrés, dévoués et aveuglés par l’aura de leur « gourou » .

Une histoire originale…

Bien qu’on ait déjà vu/lu 1000 fois des histoires de tueur psycho poursuivi par un flic endurci, on découvre toutefois un aspect beaucoup plus intéressant de l’histoire au travers notamment des « suiveurs » et des nombreuses références aux livres d’Edgar Allan Poe dont personnellement, je suis fan depuis toujours.

L’histoire se met facilement en place et on est vite happés à la fois par le scénario et par les personnages. On entre facilement et rapidement au cœur de l’intrigue et le rythme est soutenu tout du long. Dans les premiers épisodes, il n’y a pas de temps mort, on s’impatiente de voir la suite et d’en apprendre plus à la fois sur les protagonistes, les sentiments qui les lient entre eux et sur le sens des évènements. La connaissance des personnages se fait notamment à l’aide de flashbacks qui nous ramènent des années en arrière et nous aident à dépeindre et comprendre les traits de caractère et desseins de chacun. J’ai également pu noter une bande son plutôt sympa, en tout cas assez pour que je la remarque, qui instaure une atmosphère plus sombre/destroy qu’à l’accoutumée et change de ce dont on a l’habitude. Une énième série policière, certes, mais quand même prenante et très sympa à suivre.

…qui s’essoufle trop vite.

Malheureusement, cela se gâte par la suite car on retrouve à peu près le même schéma tout au long de la saison : traque, indices, confrontation, fuite, et ce jusqu’à la fin ou presque… Au point ou l’on se demande parfois s’il ne s’agit pas d’un FBI en carton (qui piétine et piétine encore… ou laisse les méchants filer…) et si tous les épisodes (et du même coup, toutes les saisons) vont autant se ressembler et finir par nous lasser… D’ailleurs, certaines incohérences et invraisemblances dans le scénario nous gâchent un peu le plaisir et font baisser les personnages dans l’estime du téléspectateur. On s’ennuie parfois de rebondissements douteux ou trop prévisibles… Plusieurs fois je me suis prise à me demander s’ils faisaient exprès d’être aussi c*** tant l’intrigue est parfois mal ficelée !

Pour ma part, j’ai trouvé que les « rencontres » entre Joe et Ryan étaient trop nombreuses et suivaient trop le même modèle, n’alimentant pas suffisamment le suspens et n’apportant pas grand chose à l’histoire. Leurs échanges en face à face auraient pu être plus « tendus » et éprouvants. A chaque moment fort, on sait en gros comment cela va se passer, rien de vraiment surprenant ou bluffant dans les faits alors que la complexité des personnages ou les revers de situation auraient pu être mieux exploités ou plus haletants.

The Following

Et pour la suite ?

Fort heureusement, cette fin de saison rompt un peu avec le schéma récurrent et elle arrive à relancer un peu le suspens, tout du moins juste assez pour que l’on s’interroge sur les événements à venir dans la seconde saison et sur la destinée de certains personnages. Le dernier épisode nous offrira-t-il LE rebondissement de dernière minute que l’on attendait tant ? Je l’espère.

Au final, « The Following » reste une très bonne série et je me demande vraiment comment elle va évoluer car si traque il y a encore, quel événement majeur sera désormais au centre d’une nouvelle saison ? Si toutes les saisons s’articulent autour de la secte de tueurs, ne seront-elles pas redondantes ? Si arrestation il y a, quel personnage sera au centre de la saison prochaine et de quelle façon ? Ne risque t-on pas vite de tourner en rond ? Tant de questions dont j’ai hâte de trouver les réponses mais pour cela, il me faudra attendre l’épisode ultime de cette première saison, et la saison prochaine, prévue en 2014

Vous l’aurez compris, je reste partagée entre une série qui a du potentiel, qui met en scène des acteurs irréprochables et un scénario de base plutôt bien pensé mais mal exploité et un léger sentiment de lassitude entre la première et la seconde partie d’une même saison. Malgré tout, je continuerai de suivre cette série que j’apprécie et vous recommande. Peut-être serez-vous moins durs que moi. 😉

Et vous, vous l’avez vue ? Qu’en pensez-vous ? Si non, projetez-vous de la voir ?

Edit du 2 mai : Après avoir regardé le dernier épisode de la saison, il n’a pas changé mon point de vue sur la série avec du bon et du moins bon. On s’attend à certains événements, d’autres nous surprennent à la dernière minute. Je reste donc mitigée sur la saison à venir mais j’ai quand même hâte de la découvrir.