Tomb Raider est une des licences qui m’a toujours donné envie de jouer aux jeux vidéo. J’aimais m’imaginer dans la peau d’une héroïne qui n’a pas froid aux yeux et vit des aventures palpitantes… Sauf qu’à l’époque (Oui ! On peut parler d’époque puisque ma première expérience date de 1996) Tomb Raider, c’était une Lara à la poitrine et aux lèvres impressionnantes, au micro-short moulant, un décor basique et crénelé qui piquait les yeux, des sauts approximatifs, des déplacements parfois laborieux : au final un gameplay assez rustre et une modélisation limitée… Malgré tout, le jeu était relativement fluide et bien foutu, les énigmes présentes, le défi intéressant et au moment de sa sortie sur diverses plateformes, la licence a eu beaucoup de succès.

Je n’ai au l’occasion de tester que le premier de la saga et ce n’est donc que 17 ans plus tard que j’ai remis le couvert avec la version reboot que j’ai reçue mercredi dernier : Tomb Raider.

J’ai terminé le mode histoire  à 74%, en 12h de temps, et vais donc à présent vous dire ce que j’en ai pensé.

Nous retrouvons donc Lara dans la peau d’une jeune étudiante que la vie n’a visiblement pas épargné mais qui est bien loin de l’aventurière que nous connaissons. Son personnage est tout en nuances et en émotions et je crois bien qu’on ne l’a jamais vue comme telle (corrigez moi si je me trompe) avant cet opus. Tout au long du jeu, notamment près des feux de camp ou quand elle se retrouve seule, on  l’entend régulièrement s’interroger et se livrer sur son ressenti, sur ses états d’âme et sur sa façon d’appréhender l’aventure qu’elle traverse.

tomb raider

Cela la rend davantage “humaine” et beaucoup plus proche du joueur. On la voit également interagir avec ses amis, des personnes auxquelles elle tient, et cela permet d’en révéler davantage sur sa personnalité. Lara devient une personne faillible plus qu’un personnage indestructible, et cela est un des points forts du jeu. Elle souffre, elle pleure, elle saigne, elle crie : en bref, elle en bave et nous le fait savoir ! Les cinématiques jouent également un grand rôle dans la découverte de son personnage et de son histoire personnelle, parfois à l’aide de retours en arrière via des vidéos.

Si Lara arrive parfaitement à nous montrer ses émotions, les développeurs parviennent quant à eux à nous les transmettre grâce aux vibrations de la manette, à des arrêts forcés pendant nos déplacements, à une vision floue et à une musique parfois stressante à souhait. En particulier dans les catacombes, on est content de disposer d’une torche et d’un arc : c’est glauque, c’est sombre, on sursaute… On adore !

J’ai beaucoup aimé la grande variété des éléments du jeu : des lieux et décors aux armes, en passant par les compétences, les artéfacts, les défis ou les ennemis, on ne s’ennuie pas une seconde en alternant entre améliorations, phases d’exploration, combats et chasse. Tout à une importance, de la statue à allumer au banal rat à tuer. On débloque ainsi et au fur et à mesure des succès dont on ne soupçonnait pas l’existence. Cependant, ils se comptent plus en terme de pourcentage qu’en terme de progression.

On apprécie également l’effort fait concernant la grande variété des déplacements : Lara peut se glisser au travers d’une faille dans le mur, ramper sous les maisons, se faufiler, s’accroupir, autant de déplacements qui ne sont pas forcément présents dans d’autres jeux du genre. Lara est rapide, précise et déterminée. Des QTE viennent s’ajouter au gameplay et je dois dire qu’ils m’ont prise de court plus d’une fois ! Ils sont un petit plus sans toutefois être indispensables. Ils permettent juste de donner relief et rythme à certaines cinématiques.

Les décors sont donc très variés et détaillés et spécialement étudiés pour forcer à l’exploration. Certains lieux ne seront visibles que sous un certain angle : à vous de trouver le bon en usant de votre sens de l’observation ou de réflexion. Vous pourrez escalader, sauter, courir et ramper à loisir, à condition de rester prudent ! Les lieux sont parfois traîtres et Lara en fera les frais. Les cinématiques où elle meurt sont d’ailleurs assez gores pour les souligner et varient selon le lieu de la chute/du combat !

Les décors sont vivants, riches et ne manquent pas de profondeur : le jeu est indéniablement beau même si ce n’est pas une claque à proprement parler (la claque, personnellement,  je l’ai prise quand j’ai découvert Syberia sur PC ou Uncharted Golden Abyss sur Vita). L’ensemble est criant de vérité et le tout est renforcé par quelques effets comme les giclées de sang à l’écran, la pluie, les différentes textures, les vapeurs/fumées qui obstruent notre vue, la lumière qui nous éblouit, nous aveugle et cache les ennemis…

Certains endroits ne seront accessibles que grâce à des améliorations d’armes, que l’on débloquera au fil de son exploration en récoltant divers matériaux représentés par des caisses jaunes. L’intérêt du jeu tient en cela : même une fois le mode histoire terminé et la totalité des améliorations acquises, on ne se lassera pas de revenir fouiller à loisir avec tous les “outils” dont on dispose, d’autant qu’il reste pas mal de documents et objets à trouver, dont certains échappent totalement à la carte. Le “Voyage rapide” facilitera d’ailleurs grandement vos déplacements, vous permettant de naviguer de feu de camp en feu de camp sans épuiser davantage Lara.

Lara acquiert 4 armes principales : l’arc, le pistolet, le fusil et le fusil à pompe, auxquelles vient s’ajouter un piolet qui vous permet d’accéder à des zones particulières du jeu en grimpant sur la roche, mais aussi à descendre les tyroliennes (le kiffe absolu quand tu t’es tapé 30 bornes d’escalade et de grimpe et que tu dois tout redescendre ! ^^).

Les munitions sont particulièrement nombreuses et il est également possible d’en récupérer une grosse partie en fouillant la dépouille des ennemis. Lara acquiert également des compétences dans 4 catégories : Survie, Exploration, Castagne et Chasse. Tout cela se débloquera en obtenant des points de compétence après des combats ou à des étapes précises. Pour ma part, j’ai regretté que la survie n’entre pas davantage en compte dans le jeu, en nous forçant parfois à nous ravitailler en eau, nourriture, repos parce qu’il faut bien le dire, Lara enchaîne sévère et ne s’arrête quasi jamais !

Les combats sont  nerveux et nombreux mais très inégaux en terme de difficulté. Attendez vous à passer de la vulgaire “promenade de santé” à un mode “horde” relativement soutenu. Il faudra savoir alterner entre furtivité, ou la réflexion l’emporte sur l’impulsivité, et “saut dans le tas” où la rapidité et la précision priment sur toute autre chose. Le jeu est d’ailleurs très rythmé et vous serez parfois soulagé d’entendre la petite musique qui vous signale que vous êtes enfin seule. Pour ceux qui ont terminé le jeu, je suis sûre que vous voyez de quel moment en particulier, vers la fin, je veux parler ! ^^

Les musiques, bruitages et doublages sont très réussis et on s’immerge sans mal dans le jeu. On alternera entre doux chant des oiseaux, rafales de vent assourdissantes, musiques angoissantes, grognements inquiétants, bruits de la mer déchaînée, cris de souffrance, cors, et j’en passe… Là encore, tout est varié et on ne se lasse pas une seconde grâce à différents “univers” et ambiances.

On retrouve pas mal des éléments qui ont fait de Tomb Raider ce qu’il est : bâtiments enflammés, loups, couloirs étroits, mécanismes à déclencher… Dans le même esprit, un clin d’oeil particulier est fait aux autres opus de la saga : une courte cinématique de fin avec QTE nous renvoie à la Lara Craft que l’on connaît bien : un flingue dans chaque main pour envoyer une imparable rafale de balles au vilain méchant ! 😉

Enfin, niveau scénario, on est quand même sacrément gâté. De multiples rebondissements permettent de relancer l’intrigue et même quand on croit le jeu fini, il n’en est rien et ça repart. Les autres personnages et leur destin concourent beaucoup à l’avancée de l’histoire et offrent à Lara des défis toujours plus importants à relever jusqu’à la scène finale dont je vous tairais les détails. Fin que j’ai trouvée, comme toujours, un peu “facile” et vite bouclée… ^^

L’histoire est prenante de bout en bout et l’on apprécie que les détails “ennuyeux” de l’histoire ne soient mentionnés qu’au travers des documents (que moi je ne les lis JAMAIS) à collecter et très peu dans les dialogues, ce qui permet de ne pas s’appesantir trop longtemps et d’éviter une rupture au cours du jeu.

Pour conclure, j’ai adoré ce jeu notamment grâce à la variété des éléments qui le constituent, à une nouvelle Lara  plus naturelle et “humaine” et une prouesse technique indéniable. Même si certaines scènes sont clairement inspirées d’autres jeux, que Lara semble ne jamais avoir besoin de repos et que finalement, rien ne détonne du genre, il reste un jeu à faire ou refaire. Pourvu d’un mode multi (que je n’ai pas testé) non-négligeable, il vous offrira nombre d’heures et de succès supplémentaires. De plus, le jeu devrait bénéficier de plusieurs DLC qui viendront rallonger la durée de vie du jeu. J’ai hâte !

Si vous êtes amateurs du genre, vous vous devez vraiment d’y jouer !